Station d’Avoriaz : l’architecture au cœur des montagnes

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Plus qu’une station de ski, Avoriaz est un véritable laboratoire architectural, avec un style unique et avant-gardiste au moment de sa création et qui suscita bien des débats dès l’évocation du projet, en 1962.

Découvrez l’histoire de la station de ski d’Avoriaz, un plateau de montagne hostile situé en haut d’une falaise et transformé en espace de loisirs populaire.

La station de ski d’Avoriaz, le rêve d’un passionné

L’histoire d’Avoriaz, c’est avant tout une histoire de passion. Celle de Jean Vuarnet tout d’abord, enfant de Morzine porté aux nues grâce à son titre de champion olympique de descente en 1960, à Squaw Valley aux États-Unis. À son retour à Morzine, il n’a plus qu’une chose en tête : rendre accessible les vastes champs enneigés d’Avoriaz aux amateurs de glisse, en y créant une station de ski.

À ce moment-là, Avoriaz n’est qu’un plateau très sec, peu fertile, parsemé d’anciens chalets d’alpage occupés par les bergers entre le printemps et l’automne. Hostile et connu pour ses hivers rigoureux, le site est déserté par les Hommes dès l’hiver venu. C’est pourtant ici que Jean Vuarnet souhaite lancer la construction de la station de ski d’Avoriaz.

Son partenaire immobilier, Gérard Brémond, lui offrira le savoir-faire et la solidité financière nécessaire à un projet d’une telle envergure. L’homme d’affaires s’entoure d’une équipe de jeunes architectes débutants ou pas encore diplômés, mais déjà prometteurs ; Jacques Labro, Jean-Jacques Orzoni et Jean-Marc Roques. Ensemble, ils conçoivent un projet de station avec un but simple : offrir aux touristes un cadre à la fois dépaysant et différent du quotidien, le temps de leur séjour.

Avoriaz : une architecture novatrice… qui ne plaît pas à tout le monde

Avec le dépaysement pour mot d’ordre, le ton est donné. Dans la station de ski d’Avoriaz, pas de voitures, du chauffage électrique pour remplacer le chauffage au mazout, des rues utilisées comme pistes et une architecture à la fois intégrée à la montagne et novatrice. La commune de Morzine donne son feu vert pour le projet, malgré le tollé soulevé par ces propositions.

Dans un premier temps, l’unique piste de la Tête aux Bœufs s’équipe d’un télésiège et d’un téléski, à quelques encablures d’un unique bar-restaurant faisant aussi office de bureau d’accueil et de dortoir pour les pisteurs. La construction d’Avoriaz n’en est qu’à ses prémices. Les architectes imaginent une station contemporaine et avant-gardiste, avec une structure adaptée à la montagne sans pour autant puiser leur inspiration dans le chalet savoyard, ni dans les bâtiments urbains de l’époque. Les formes, les matériaux, les volumes : tout est étudié pour s’intégrer aux paysages. Les résidences Sosna, Thuya, Araucarya et les chalets alentour en attestent, avec leurs conceptions qui s’intègrent au décor naturel, leurs toitures qui s’inclinent jusqu’au sol pour s’habiller de neige tout l’hiver durant et leurs murs inclinés. Pour s’intégrer aux constructions locales, les façades se parent de tavaillons, tuiles de bois qui composaient autrefois les toits de Savoie. Ces tuiles, sans peinture ni vernis, se teintent d’une infinité de nuances de gris et de bruns pour donner du caractère aux façades des bâtiments.

L’exubérance du projet transparaît encore plus sur la place des Dromonts, cœur historique de la station de ski d’Avoriaz. Dans le hall de l’hôtel des Dromonts, tout n’est que coins, recoins, escaliers et passerelles qui s’entrecroisent, cheminées aux allures de fours et ruptures de niveaux. Le village des Dromonts permit d’ailleurs au trio de concepteurs de recevoir un prix d’architecture en 1968.

La construction d’Avoriaz : suite et fin

L’organisation du Festival du film fantastique au sein de la station d’Avoriaz en 1973 permettra d’installer la réputation du site. En parallèle, le domaine continue de se développer avec la construction du quartier de la falaise, l’inauguration des résidences Sépia et Épicéa ainsi que l’apparition des bâtiments communaux et d’une garderie, l’ensemble conservant les règles architecturales avant-gardistes qui font la particularité d’Avoriaz. Le bois, la pierre permettent à la station de se fondre dans les falaises, les forêts et les alpages qui l’encadrent.

Depuis son édification, Avoriaz reste une station de sports d’hiver majeure en France, et se positionne comme un refuge familial et accueillant, loin de la vie quotidienne et de la pollution. Son concept novateur pour l’époque, sans voiture, ski aux pieds, chauffé à l’électricité non polluante, avec une architecture intégrée à son environnement, est encore érigé en modèle aujourd’hui.

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